mercredi 27 avril 2016

Argentina !

Coucou à tous

Malgré une actualité politique mouvementée au Brésil, la vie s’écoule tranquillement pour nous. Comme en France, nous avons 2 semaines de vacances de Pâques. Giovanni étant en déplacement, je propose un programme sympathique aux enfants : un Resort au bord d’une plage, formule all-inclusive, avec un programme sports-activités-transat…J’étais sûre de mon coup ! Je voyais déjà le petit transat au bord de la piscine qui m’attendait, voir déjà le petit verre de caipi sur la table à côté du transat…Et bien, je me suis pris un refus net et clair…

- « Mais, maman, nous, on veut découvrir des nouveaux endroits »

- Mon cerveau voit d’un seul coup le transat, le bon livre s’envoler…Grrrrrr

- Ma réponse de maman toujours positive avec une touche d’hypocrisie : « et bien découvrons mes chéris, quel plaisir ! »

Et voilà comment à la place d’une belle plage, d’un transat et d’un bon livre, mon cerveau s’est retrouvé à devoir parler espagnol ! Direction Buenos Aires avec en prime une journée en Uruguay…

Je contacte ma copine Barbara mariée à un Buenos aérien ( en réalité, on parle de portégnes = « habitant du port »), qui me fait la liste des choses à faire, à voir…



Petite présentation rapide :

Buenos Aires : capitale de l’Argentine, 2ème ville d’Amérique du Sud ( Buenos Aires comprend à  peu près 3 millions d’habitants, 13 millions dans le grand Buenos Aires soit un tiers de la population du pays)
Argentine : L'Argentine est longue de 3 700 kilomètres du nord au sud et de 1 400 kilomètres de l'est à l'ouest, environ 4 fois plus grande que la France
 Drapeau de l'Argentine

Uruguay : environ 4 fois plus petit que la France, n’a des frontières qu’avec l’Argentine à l’ouest et avec le Brésil au nord, sa capitale est Montevideo qui compte 1,5 millions d’habitants. Je vais passer très vite sur la journée en Uruguay car pluie quasi toute la journée, obligé d'acheter de magnifiques ponchos jaunes en plastique ( dont vous n'aurez aucune photo, il y a censure !!!! )

Drapeau de l'Uruguay

La première impression en arrivant à Buenos Aires en provenance du Brésil est sûrement très différente de l’impression de quelqu’un qui arrive d’Europe…Ce n’est pas pour rien que BA est aussi appelé le « Paris d’Amérique du Sud »…C’est une ville très différente de Sao Paulo ou Rio…On a la drôle d’impression d’être en Europe tout en sachant que ce n’est pas l’Europe…


* La boca

Le quartier le plus touristique de BA reste incontestablement le quartier de la Boca qui n’a rien d’européen pour le coup.
L’histoire de ce quartier est vraiment très intéressante :  « La Bouche », quartier hétéroclite du sud de Buenos Aires, doit son nom à sa situation, à l'embouchure du Riachuelo. Les ouvriers d'origine italienne qui s'installèrent autour du port au milieu du XIXe siècle laissèrent une empreinte indélébile. En décorant les façades de leur maison de tôle avec des restes de peinture pour bateau, ils donnèrent naissance à El Caminito, une rue pittoresque et colorée, et, avec leurs voisins espagnols, africains et gauchos, ils inventèrent le tango. Ces ouvriers italiens y sont tellement nombreux qu’en 1882 après une grève générale, le quartier proclame une sécession avec le reste de l’Argentine ! Il fallait oser quand même! Le régime argentin réprima très durement cette audace et le président argentin lui-même retira le drapeau génois qui avait été posé par les révolutionnaires. Le quartier revendique son indépendance : le visiteur est accueilli par des panneaux « Bienvenidos a la Republica de la Boca » (Bienvenus à la République de la Boca).





* Stade de football : la Bombonera
Le stade mythique de Boca Juniors, surnommé « la Bombonera » pour sa forme de boîte de bonbon, peut valoir le détour un jour de match pour observer la foule des (jusqu’à 50 000 !) supporters déchaînés, chantant et insultant l’adversaire – un cours accéléré de lunfardo, argot local. C’est surprenant de voir ce stade en pleine ville avec des petites rues autour, avec de nombreuses maisons aux couleurs bleu et jaune ! Et c’est donc ici, dans ce jardin que la légende est née avec EL DIEGO, l’enfant des quartiers pauvres, l’enfant de Boca, l’enfant de toute une nation. Ici il est chez lui. Il a bien sûr joué pour ce club et a maintenant une loge permanente dans le stade où il est toujours ovationné comme au premier jour.



Avant
Après !!!
* Avenida 9 de Julio (juillet en français)
Avenue appelée ainsi en l’honneur de l’indépendance de l’Argentine en 1816. Pourquoi je vous parle de cette avenue ? Car c’est l’avenue la plus large du monde !
Petit comparatif avec les Champs-Elysées
                          Avenida 9 de Julio                    Champs Elysées :

Nombre                     14 voies                                    8 voies
Longueur                   4km                                          2km
Largeur                     140m                                        70m
140m = 32 coccinelles mises bout à bout !!!


Avenida avec une petite grève de taxis contre Uber ! 


* La guerre des Malouines

Sur l’une des places principales de BA, il y a un mémorial des victimes de la guerre des Malouines. Petit rappel historique version accélérée : un conflit qui a opposé l'Argentine au Royaume-Uni dans les îles Malouines. Il commence le 2 avril 1982 avec le débarquement de l'armée argentine. Il se termine le 14 juin 1982 par un cessez-le-feu. Il se conclut sur une victoire britannique qui permet au Royaume-Uni d'affirmer sa souveraineté sur ces territoires et permet à Margaret Thatcher en 1983 et se conclut par la chute de la junte militaire en Argentine pour évoluer vers une démocratie.
Malgré trois décennies passées et les tentatives répétées de pacification du conflit, les Nations Unies considèrent toujours les archipels comme des territoires dont la souveraineté n'a pu être départagée entre l'Argentine et le Royaume-Uni.



* Mafalda

Un peu de légereté avec Mafalda qui est une petite fille, personnage principal d'une bande dessinnée argentine de Quino publié de 1964 à 1973. Comme son auteur, Mafalda est argentine, elle est issue de la classe moyenne. Mafalda est très populaire en Amérique latine, en Europe et au Québec. Bande dessinée à caractère plutôt politique (son éditeur, Julián Delgado est mort sous la torture), Mafalda se démarque toutefois par un trait d'humour extrêmement subtil, propre à Quino. De plus, la fillette est entourée de plusieurs personnages, très caricaturaux et de points de vue très opposés sur le monde en général. Parmi eux, certains sont incontournables, comme Manolito, le garçon le plus capitaliste de toute l'Argentine, ou encore Susanita, la gamine se voulant indépendante, mais totalement soumise à son futur mari et à ses futurs enfants.



* Abapuru de Tarsila do Amaral
Abaporu est un tableau très célèbre qu’on pourrait comparer à la Joconde pour le Brésil. Œuvre de l’artiste brésilienne Tarsila do Amaral, achetée 2,5 millions de dollars par un collectionneur argentin en 1995, raison pour laquelle ce tableau se trouve désormais à Buenos Aires. La loi brésilienne en matière d’achat et vente d’œuvre d’art ayant changé, ceci ne pourrait plus se passer et Abapuru ne se trouverait pas à Buenos Aires !



J’espère que ça vous a donné envie de découvrir cette ville. Nous avons adoré l’ambiance de cette ville, la possibilité de prendre un café en terrasse, de flâner tranquillement, chose anodine pour un européen, et d’autant plus apprécié quand on habite Sao Paulo…


Fleur d'acier, symbole nouveau de Buenos Aires, fleur qui s'ouvre et se ferme au long du jour, les pétales mesurant environ 20 mètres


Le "Paris"   d'Amérique du Sud ! 



 A bientôt pour de nouvelles aventures…

lundi 14 mars 2016

APIS ... Qu'est ce donc ?

Coucou à tous

Je sais, je sais, il y avait bien longtemps que je n’avais pas écrit…Faute de temps certes mais pas seulement….Cela fait maintenant un peu plus de 3 ans que nous habitons au Brésil et j’avoue que beaucoup moins de choses nous surprennent désormais !

Aujourd’hui,  pas de voyages, ni paillettes et plumes…juste l’envie de partager avec vous un peu de mon quotidien.

Quand j’ai quitté la France, j’avais dans l’idée d’apprendre le portugais pour pouvoir intégrer une association en tant que bénévole. Le choix est compliqué car il y a de nombreuses associations qui ont besoin d’aide, la crise aidant, la situation ne va pas en s’améliorant…Finalement j’ai intégré l’association APIS en mars 2014.

 APIS  c’est : Association de Promotion, Instruction et Services… En fait, c’est une crèche créée en 1979 par une hollandaise  qui accueille 75 enfants entre 0 et 4 ans, tous de famille pauvre car elle se situe à proximité d’une favela. D’ailleurs, les brésiliens ne parlent pas de favelas mais de « communauté ». Et ils ont raison quand on voit les conditions de vie dans ces quartiers, il vaut mieux avoir en tête le mot « communauté » plutôt que « intimité »! Revenons à nos petits moutons, cette crèche permet aux mamans de cette communauté de pouvoir aller travailler en ayant l’assurance d’un accueil pour leurs enfants. Apis fonctionne avec des éducatrices formées, les enfants font plein d’activités diverses et variées…Apis assure aussi leurs repas. 


Notre rôle : nous y fabriquons des plateaux en bois car dans l’établissement, il y a une menuiserie. Nous avons aussi des dames brésiliennes retraitées qui viennent nous aider au niveau de la peinture de nos plateaux moyennant un tout petit salaire.


Donc nous y allons une fois par semaine en voiture afin d’y fabriquer des plateaux en bois.
La crèche se situe à une heure de route de notre quartier, quand tout va bien (c’est-à-dire sans orages, bouchons, que sais-je encore). Cela nous fait sortir au moins une fois par semaine de cette énorme ville pour aller en périphérie. Chaque semaine, c’est une aventure car il n’est pas rare de croiser des chevaux en liberté, des vaches, des chiens errants, on longe un lac qui permet de voir si le niveau monte ou pas donc si nous avons un risque de manquer d’eau ou pas. On doit éviter des trous qui sont plutôt des cratères dans la route s’il a plu peu de temps avant. On traverse des zones bien différentes de nos quartiers, ces zones sont à mes yeux le vrai Brésil. En effet, Sao Paulo n’est pas du tout le reflet du vrai Brésil, ce n’est qu’une énorme ville qui parait de pas avoir de fin. En tout cas, cette journée est une vraie bouffée d’oxygène…



Un havre de paix en pleine nature loin du paysage des buildings de Sao Paulo






Paysages sur la route


Petit clin d'oeil sur la route !




 Arrivée à l’association, direction l’atelier pour fabriquer nos plateaux qu’on prépare soit pour le Bazar Français (évènement qui a lieu 2 fois par an où les différentes associations vendent leur production ainsi que des artisans brésiliens) soit sur commande. Nos plateaux, une fois fabriqués, remontent chez nos petites dames brésiliennes pour la peinture puis étape du collage du papier ou autres puis dernière étape avec la résine qui vient finir le produit. Comme quoi, pharmacie, ça mène à tout !!!

On s’éclate à toujours trouver de nouvelles idées pour le fond de nos plateaux, on travaille avec des papiers, des fitas (bracelet brésilien en tissu), des photos, des fonds personnalisés avec des découpages de photos de magazine…
Cette association m’a permis de faire une belle rencontre avec un peintre d’une favela de Rio qui était à un Bazar, il a gentiment proposé que je prenne un de ses tableaux en photo pour en faire un fond quand il a su que nos plateaux étaient pour financer une crèche d’enfants.
Tout l’argent qu’on récupère est pour l’association après avoir payé nos matières premières et nos petites dames brésiliennes retraitées qui peignent…







En plein boulot !!!



Vous savez maintenant pourquoi j’ai un peu moins de temps pour écrire sur ce blog car nous sommes peu nombreuses, même très peu nombreuses puisque nous ne sommes plus que 3 actuellement et nos plateaux plaisent beaucoup…












Produits finis ! 


Il n’y a pas de site mais une page Facebook où vous pourrez voir la frimousse de ces bouts  de choux pour lesquels on s’investit…Juste un sourire de leur part vaut bien le fait de se lever, de bosser, de chercher des nouvelles idées pour nos plateaux…bref de ramener des fonds pour qu’ils puissent être accueillis dans de bonnes conditions dès leur plus jeune âge…

Facebook : Apis - Associação de Promoção, Instrução e Serviços

A bientôt...











mardi 13 octobre 2015

Escapade amazonienne....

Coucou à tous
 
Je sais que cela fait bien longtemps que je n’avais pas écrit de billet d’humeur sur le blog, la vie quotidienne étant bien remplie par des activités diverses et variées. Mais ce billet peut compter double par sa longueur ! Heureusement, nous voilà aux vacances scolaires équivalentes aux vacances de la Toussaint en France.

La question : quelle partie du Brésil découvrir ? Hum hum…..Et si j’emmenais ma petite famille en Amazonie ? Allez, chiche !!! Et nous voilà donc embarqués pour des vacances…comment vous dire ? ….juste à l’opposé de notre quotidien ! Vous allez vite comprendre pourquoi !!! Déjà pas d’internet et pas de téléphone dans la jungle…mais ça, je ne l’avais
pas dit aux enfants !!!

Comme d’habitude une présentation rapide pour que vous soyez désormais incollable sur le sujet : la forêt amazonienne est une forêt équatoriale avec une superficie de 5 500 000 km2, soit près de dix fois la taille de la France, il s'agit de la plus grande forêt du monde. La forêt amazonienne s'étend sur neuf pays, essentiellement au Brésil (près des 2/3) le tiers restant se partage entre le Pérou, la Colombie, et, dans une moindre mesure, l'Equateur, le Venezuela, le Surinam, la Guyane, la Bolivie et la France (département de la Guyane française).



 
On a commencé la découverte par la ville de Belém, on n’a pas trop aimé, pas grand-chose d’intéressant à raconter, sauf peut être la visite du jardin botanique et une anecdote : c’est la seule ville où il est possible d’avoir dans son contrat d’assurance voiture une clause assurant votre véhicule contre la chute des mangues, véridique ! En terme de probabilité, celle d'être atteint par un fruit en chute libre est plus grande que l'éventualité de faire l'objet d'une agression, c'est peu dire surtout au Brésil !!!
 
Puis direction l’île de Marajó : équivalente en taille à la Suisse, située dans le delta de l'Amazone et du rio Tocantins, considérée comme la plus grande île du monde entourée d'eau douce et plus grande île deltaïque du monde, situé à 3 heures de bateau de Belém.
Marajó signifie le bouclier de l'océan en langue amérindienne. L'histoire que les dieux l'ont placée à l'entrée de l'Amazone pour protéger le fleuve des caprices de la mer. Elle était autrefois habitée par les Indiens Marajoara, une civilisation mystérieuse de la nation Aruas à la réputation terrifiante. Personne ne sait vraiment comment ils sont arrivés ici.
L’île est colonisée par les buffles. On raconte qu'ils descendent de bovins arrivés à la nage après le naufrage d'un navire français se dirigeant vers la Guyanne. L'animal, croisé avec le zébu, est devenu l'emblème de l'île, qui possède même une police montée unique au monde. On a bien sûr eu droit à une ballade chacun sur un buffle !
Les paysages y sont très sympas notamment la mangrove à marée basse, des plages désertes au bord du fleuve large de 35km de large (oui, oui vous avez bien lu !!! ), donnant vraiment l’impression d’être au bord de mer, baignade possible en faisant bien attention aux raies.
 
C'est parti pour une petite promenade en buffle...

Coucher de soleil à Marajo

Envol d'ibis rouges


Festival de couleurs

Plage en face du Rio à marée basse


Mangrove à marée basse

Sentier dans la mangrove avec passage obligé dans un arbre ! 

Végétation au bord d'un petit fleuve

Carlos Amaral, céramiste et dernier indien Aruas (selon lui !!!)

Puis Manaus pour le vrai début de l’aventure amazonienne. 1er trajet en bateau en passant par « la rencontre des eaux », phénomène naturel très surprenant : 2 fleuves qui se rencontrent, l’un le rio Negro à l’eau noire, l’autre, le rio Solimões à l’eau ocre avec une séparation nette. C'est en ce point que le fleuve prend le nom d'Amazone. Le lieu est déjà remarquable par la largeur des deux affluents : près de 3 km chacun, et même 10 km plus en amont pour le rio Negro. Mais c'est surtout par le fait que les eaux des deux affluents de teintes très contrastées s'écoulent sans se mélanger pendant des dizaines de kilomètres, comme deux fleuves coulant côte-à-côte dans le même lit. Le phénomène est dû aux différences de température, vitesse et densité des eaux des deux rivières : le rio Negro coule à 2–3 km/h avec une eau acide (pH=5,5) à une température de 28-30 °C, alors que celles du rio Solimões coulent à 4–8 km/h avec une eau neutre (pH=7) à une température de 20-22 °C d’où des poissons différents dans chacun ! Très très surprenant …

La rencontre des Eaux vue du ciel

La rencontre des Eaux vue du bateau
 
Après ce premier trajet en bateau, on embarque dans un combi Volkswagen (fan du dessin animé Scoobidoo, c’était mon rêve secret depuis très longtemps !!! ) sur l’autoroute transamazonienne qui n’a que le nom d’autoroute puisque c’est plutôt une piste de 2300 km qui relie Manaus à Porto-Velho. Enfin, dernière étape en pirogue pour rejoindre notre lodge. A peine arrivés, on ressent une ambiance particulière. Pour ma part, la sensation un peu angoissante de se trouver loin de tout, au milieu de la forêt amazonienne. Je pense que c’est l’instinct maternel qui me dit : « Et si…. »


Pirogue pour accéder au Lodge




Le soir même, promenade en pirogue à la découverte des animaux nocturnes. Aucune photo ne pourra décrire ça : la pirogue évoluant dans le noir quasi absolu, le Rio Tupana tel un vrai miroir et 2 lampes torche à la recherche des yeux des caïmans qui brillent la nuit à la surface de l’eau et le bruit des animaux de la nuit nous entourant de toute part… Inoubliable…
Le lendemain matin, promenade dans la forêt avec 2 guides avec chacun, une très longue machette ! Explication des différentes sortes d’arbres et plantes médicinaux, on a pu goûté des latex ou des laits qui sortent des arbres, certains anti-grippe, d’autres anti-diarrhée ou encore anti-malaria ! Puis le guide s’arrête devant le bas d’un arbre où il y a un trou…Je le sens mal….et les 2 guides s’amusent (je vous assure qu’il n’y avait qu’eux qui trouvaient ça amusant….) à faire sortir une gentille petite araignée appelée « araignée-singe » d’une quinzaine de cm…  « Bon, euh, je fais la photo rapido et on peut se casser vite fait??? !!! »



Retour au lodge où le guide nous propose un plongeon dans le rio Tupana…Euh dans le truc couleur thé trop infusé truffé de caïmans, piranhas et autres trucs qu’on ne sait pas ? Il faut dire qu’on a eu très très chaud dans la jungle car pas un brin de vent, une chape de chaleur et 100% d’humidité…Et puis, après tout, le guide plonge, du coup, nous aussi !!! Sauf que l’après-midi, en reprenant la pirogue, un joli serpent a pointé son adorable petite tête juste là où on avait plongé le matin…Je déteste ces machins-là ….Mon cerveau ne connait plus qu’alors un seul mot : « douche, douche, douche !!! Baignade dans rio : même pas en rêve »
 
On a pu se promener dans les Igapos, ce sont des forêts qui restent marécageuses après le retrait des eaux de crue où on évolue en pirogue en ramant, zone propice à la pêche où Marcelo, notre guide indigène, a pêché 2 beaux poissons avec une technique qui je n’avais jamais vu : avec un arc et un harpon fabriqué par lui-même. On a adoré Marcelo, un jeune homme de 28 ans très gentil, qui n’a jamais été à l’école, qui a grandi au milieu de la forêt avec son père et qui connait tout sur les arbres, les animaux, sur les remèdes naturels…


Paysages dans les Igapos

Coucher de soleil dans les Igapos

 Marcelo , notre guide indigène et sa première prise

2ème prise du jour et hop dans l'assiette à midi !!!

On a aussi visité un habitat typique des caboclos au bord du rio. Les caboclos sont les métis descendant d'Européens blancs et d'Amérindiens. Ils forment de nos jours la population la plus importante du bassin amazonien. Autant vous dire que c’est une habitation plus que rudimentaire car pas d’électricité (donc pas de frigo, une caisse en polystyrène avec des glaçons pour maintenir des aliments au frais….oups….), seul un groupe électrogène si besoin, pas d’eau courante mais le fleuve comme source d’eau et un puit, un hamac dans la chambre pour dormir en hauteur à cause des insectes rampants et serpents, un chien pour prévenir de l’éventuelle attaque par un jaguar, des poules pour avoir des œufs, le fleuve pour pêcher, la jungle pour chasser et une pirogue pour rejoindre la ville et y faire les achats nécessaires. Le Senhor Parà, ce caboclo de 67 ans nous a accueilli à bras ouvert, trop content d’avoir une visite pour rompre son quotidien solitaire, il nous a tout expliqué et nous a même offert un ananas qu’il venait de couper…Une rencontre humaine comme on les aime au Brésil…ces gens qui n’ont quasiment rien mais le cœur sur la main….

 Habitat typique d'un Caboclo

Senhor Parà et l'ananas qu'il nous a donné, délicieux !


Puis dernière étape de notre périple amazonien : la nuit dans la jungle...
Mon cerveau : « ça ne va pas non… moi je reste au lodge avec le ventilo la nuit, la douche et un vrai lit »
Moi à mon cerveau : « pfitttttt trouillard…. » …Mais pour dire la vérité, je flippais complètement à l’idée de dormir dans la jungle en Amazonie avec toutes les bestioles qu’il peut y avoir, déjà que je ferme les yeux devant Fort-Boyard quand les gens se retrouvent au milieu des serpents ou araignées…
Nous voilà partis l’après-midi avec chacun notre hamac et un sac à dos, Marcelo notre guide indigène et Luis notre guide caboclo…Installation du campement en commençant par faire un feu, en mettant à rôtir un poulet avec une technique indigène, leçon pour faire un éventail en feuilles de palmier, repas aux bougies, histoires de Luis sur les fantômes et esprits de la forêt (le comique, des fois qu’on n’aurait pas encore assez peur des bestioles), installation des hamacs sous une espèce de cabane en feuilles de palmiers séchées, et là la nuit commence à la lueur d’une bougie, avec des crapauds en bruit de fond accompagnés de dizaines ou centaines d’insectes style grillons ou autres...Côté positif, pas de moustique dans cette zone…Et puis, à un moment, la bougie s’éteint toute seule…Gros moment d’angoisse car on se retrouve chacun dans son hamac dans le noir absolu pour le coup, avec tous les bruits des insectes et avec comme seule attache rassurante la présence de Rex, le chien du lodge. La nuit parait bien longue surtout quand Rex aboît plusieurs fois pour prévenir de quoi, je ne sais pas et je ne veux peut être pas savoir !!! Le noir décuple l’intensité des bruits et le silence absolu n’existe pas dans la jungle, ce sont des insectes, des oiseaux, des crapauds, des feuilles qui tombent etc …. L’arrivée des premières lueurs du jour vers 5h30 est accueillie avec un grand « Alleluia » et avec le grand plaisir d’admirer la forêt qui se réveille !!! Autant vous dire qu’on a apprécié plus que d’habitude le retour sur Manaus le soir dans un hôtel avec un vrai lit, une climatisation et une douche ! Mais on garde tous les 4 en tête le souvenir d’une nuit flippante, certes, mais inoubliable !!!


Repas du soir qui cuit...


Apprentissage pour faire un éventail en feuilles de palmier


L’impression que je garderai est la sensation de la végétation immobile, les eaux des fleuves calmes mais une vie animale qui grouille en permanence sans toujours la voir mais en la ressentant.

Voilà notre escapade amazonienne se referme ici …